La Lettre d’Arboriculture 80 – Printemps 2017

La Lettre d’Arboriculture 80 – Printemps 2017

25 mai 2017 La Lettre 0

J’ai fait un rêve. J’étais auprès du temple de Delphes dévolu au dieu de la divination. Une pythie sise sur un trépied, la peau plus luisante qu’un python et ondulant de même parmi les vapeurs de sauge et d’héliotrope, s’apprêtait à prononcer la prophétique parole d’Apollon.

Quelle fut ma question déjà ?

C’était à propos de la SFA : son avenir, son présent. Diantre, qu’à ce point encore elle me hante ! À l’oscillante cadence de la pythie succédèrent d’ardentes et saccadées secousses de bas en haut et d’irascibles gémissements. Quand, brusquement son corps arqué, se raidit.

La voix du Dieu jaillit :

  • C’est vers les bas que se dirigent les branches, c’est en haut que se trouve sa racine, que ses rayons descendent vers tout être. Sur ce, le réveil sonna ! Fait étrange, je n’étais ni chez moi ni dans une autre chambre. Cela ressemblait à une loge de théâtre et je devais m ‘être assoupi. La porte s’ouvrit. Un drôle d’oiseau en redingote et long cou vint m’avertir que c’était l’heure.
  • L’heure de quoi ?
  • D’annoncer l’avenir, pardi !

Tout me revint. Nous étions en juin, jour de l’assemblée générale et je devais dévoiler aux innombrables membres de cette honorable société, les résultats de l’oracle. Celui-ci allait-il enfin éclaircir la vision obscure qu’on avait d’elle ou bien obscurcir l’éclaircie de ses bourgeons traumatiques !

Sacré pouvoir que je détenais là !

Comment ne pas être tenté, fort de ce savoir, de s’ériger Mage.

Entendons nous bien : délivrer la vérité n’est ni un bien ni un mal ; c’est un mets divin.

Et je ne voulais pas le croquer mais le savourer.

Bondissant hors des coulisses, tel un deus ex machina, je m’emparais du micro, paré à faire baver mon assistance. Aubépine et boxon !

La salle était vide, exceptée trois pékins et un pelé ! Bon, le pelé était hirsute et les trois pékins de Lille-Roubaix- Tourcoing. Décidément la morale n’est jamais là où on l’attends.

« Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! » J’aurai du m’y attendre. Qui se rend maintenant à une telle assemblée ? Il n’y a pas de lot sponsorisé ! Pourtant je m’voyais déjà en haut de la cime, la quintessence arboricuturelle pendue à mes lèvres d’enchanteur autant qu’à mon bec d’oiseau de mauvais augure.

Alors SFA : sous le paillasson la clef ou par les champs ? Un rugissement retentit.

Serait-ce déjà les Rencontres Européennes de 2018 ? Que nenni c’est ce maudit broyeur qui redémarre ! Fini la sieste, les branches de Robinier vont se charger de me ramener fissa à la réalité. Ainsi je serai présent en juin dans le Nord aux côtés de Romain et de François, leur témoigner ma confiance et mon respect pour avoir oeuvré si longtemps au fonctionnement de l’association.

J’aimerai remercier particulièrement Florence, Carine et Fabienne qui se sont démenées pour La Lettre ou les multiples taches administratives, et Philipp aux manettes du site.

Que l’essoufflement se fasse aujourd’hui ressentir, nous en avons tous conscience. Il ne s’agit pas de savoir à quoi sert la SFA, je pense qu’un peu de lecture de compte-rendu de différents colloques suffiront à rafraîchir les mémoires, il s’agit de choisir de ne point y participer ou d’y participer. Sachant qu’à la prochaine assemblée générale, de nouvelles personnes semblent décidées à prendre la relève, continuer l’aventure d’une petite association pour l’arbre, qui eut ses heures de gloire, ses défaites, ses disputes, ses réflexions, ses actes. Dont celui d’avoir permis l’émergence du métier d’arboriste- grimpeur, la diffusion, la vulgarisation des dernières recherches scientifiques, la reconnaissance politique…

Et surtout celui essentiel d’affirmer toujours que l’Arbre est un être vivant ; d’avance je m’en réjouis.

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